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Auteur Sujet: Vie et mort d'un rongeur [Libre]  (Lu 1998 fois)
Rosolia
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« le: Septembre 28, 2009, 05:23:31 pm »

   La marmotte courait de toute la vitesse de ses petites jambes. Elle avait commis l'erreur de trop s'éloigner de son terrier, et elle en payait maintenant le prix. Au niveau bas où elle évoluait, les cailloux étaient des rochers, l'herbe bouchait sa vue et gênait ses mouvements, et le flanc de montagne s'avérait difficile à escalader... Mais la marmotte était petite, son coeur battait vite, ses pattes étaient agiles et habituées à courir au milieu de ce terrain. Elle enchaînait les petits bonds de côté pour rendre sa course imprévisible, cherchait à semer son prédateur parmi la région. Mais celui-ci était trop grand, et bien que plus lourd il avait l'avantage d'une vue étendue... La marmotte devait se fier à son métabolisme plus rapide pour lui échapper.

  Un sifflement à sa droite, et le sol vibra sous l'impact qu'elle esquiva de peu. L'animal ne connaissait pas la panique, mais tout son corps était porté vers le besoin de survivre. Heureusement on était en été, la marmotte était pleinement réveillée et n'avait pas encore accumulée de graisse qui la ralentirait... Ce n'était que pour ça qu'elle parvenait à tenir la course.

  Un coup à gauche, un coup à droite, le sifflement passa juste derrière elle. Voyant approcher le lieu de son terrier, elle se permit une accélération, passa par-dessus un caillou, contourna un rocher plus gros et bifurqua directement à gauche pour prendre une pente abrupte, une trop haute pour les bipèdes. Derrière elle, la course se ralentit, elle gagna un peu d'avance... Mais déjà le sifflement retentissait à nouveau, ne la visant pas elle mais d'autres rochers. Le prédateur était cmme une gigantesque araignée, et la marmotte n'était pas habituée à ce que les araignées la chasse.

  Et soudain elle vit l'ouverture. D'une dernière détente, elle plongea dans ce trou qui n'était pas son terrier, mais représentait sa seule chance, et se cala tout au fond, soufflant rapidement pour récupérer. Elle était à l'abri, la créature était trop grande. Lorsque l'orifice s'obscurcit, elle ne s'inquiéta pas : les prédateurs essayaient toujours de rentrer. Pourtant elle n'entendit pas le grattement de terre habituel. A la place, ce fut un long glissement sinueux...

  Un serpent. Il y avait un serpent dans son trou ! Elle n'avait qu'une seule chance. Il fallait sauter à sa gorge avant qu'il ne la morde. Se recroquevillant, la marmotte s'appréta à bondir... Elle ne voyait rien, devait se fier entièrement à son ouïe et son odorat. Soudain elle bondit, et ses dents aiguisées se plantèrent dans la chair molle de...

  D'une liane. Ce n'était pas un serpent. Alors que l'incompréhension envahissait la petite créature, elle se rendit compte qu'elle ne pouvait plus détacher ses dents, elle les avait engluées dans une substance au goût désagréable... Sans rien pouvoir faire, elle se sentit tirée vers la sortie, ses petites griffes tentant pathétiquement de la retenir à l'abri. Alors que la lumière apparaissait à nouveau, elle fut soulevée au-dessus du sol...

  « Miam. »



  Les tentacules de Rosolia réintégrèrent son dos alors qu'elle entamait la digestion de sa proie du jour, dont elle avait brisé la nuque pour lui épargner l'agonie d'une noyade dans les sucs gastriques. Elle l'avait fait courir, cette petite... Mais c'était tant mieux, Rosolia avait besoin de se défouler. Elle s'ennuyait dans sa petite communauté, et la dépense physique était toujours quelque chose d'agréable. Quand il y avait une récompense au bout, ça l'était encore plus.
  La robe qui recouvrait ses jambes s'éclaircissait lentement, passant du mauve au blanc. Rosolia fit encore quelque pas, se retrouva au sommet d'un petit mont rocheux, et contempla le paysage, les arbres qui s'étendait autour d'elle, la côte à quelque kilomètres... Et, immense par rapport à son foyer, Mobius, la planète géante dont les paysages ne semblait connaître aucun horizon.
  Elle sentit poindre en elle l'envie de descendre, qu'elle refoula.
« Dernière édition: Septembre 28, 2009, 08:33:54 pm par Rosolia » Journalisée

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« Répondre #1 le: Juin 12, 2010, 07:02:56 pm »

Le bruit des palmes de l'hélicoptère envahit la cabine. Nous sommes huit, en tout, comptant le pilote. L'engin n'est pas lourdement armée. On ne va pas déclarer une guerre. C'est comme les soldats de la division Valkyrie. Aucun d'eux n'est lourdement armé. Arme blanche, pistolet caché sous les veste militaire tout au plus. Moi-même ne portait pas son armure de combat, tout juste des fioles dans un petit caisson en métal, un couteau de combat et un pistolet à ma taille. Déjà, débarquer allait sûrement créer un émoi. Inutile de créer plus d'inquiétude en débarquant armé jusqu'au dent.

Je regardais la carte prise à l'aide des satellites du GUN. C'était assez détaillé pour voir une petite clairière non-loin du rebords de la planète volante, si on peut parler de rebords. Nous en parleront, puisque nous allons nous référer à Mobius en ce qui attrait à la gravité, tant que nous ne serons pas posés dessus la petite planète. Donc, le rebord. C'était assez éloigné des villages, sans à avoir à marcher une journée pour les rejoindre. C'était parfait. Je me lève et je vais voir le pilote, pour lui pointer sur la carte où je veux qu'il nous amène. Je n'ai même pas attendu qu'il me réponde pour retourner m'assoir. Je savais déjà qu'il m'avait répondu qu'il n'y avait pas de problème, mais qu'il risquait d'y avoir un peu de perturbations à l'entrée de la gravité de Little Planet. Mon comportement dérange souvent les gens que je côtois, mais mes hommes commencent à en avoir l'habitude.

Quoi qu'il en soit, le pilote avait raison, et les perturbations commencèrent à se faire ressentir à l'entrée de la gravité de la petite sphère. Mais tout se déroula comme prévu. On se posa sans problème. Je fis signe au pilote de tout couper, et puis, finalement, après deux heures de voyage, le boucan s'arrêta. Enfin. Nous sortons, sauf deux hommes et le pilote, qui devront rester là pour surveiller. J'ordonne que l'on garde contact et que l'on me fasse un rapport à toutes les heures. Le pilote allait dire quelque chose.


" Nous partons vers le Nord-est-est, lieutenant. L'équipe Alpha va avancer vers l'un de leur village... " Je fis une courte pose, sortant boussole et carte, et répondu une fois de plus avant le pilote. " Non, je crois plutôt que c'est l'un d'eux qui va venir nous voir avant que nous avancions trop loin dans leurs terres. "

Résigné, le pilote levant les bras, pour les laisser retomber sur ses cuisses. L'un de mes soldats parla, je le laissa parler, pour ce qu'il avait à dire.


" Capitaine... je crois que les... locaux... apprécieront peut-être pas que vous leur couper la parole de cette façon... "

Je le regarde un court instant, j'avais déjà réfléchit à la question avant même qu'il ne la pose. Finalement, je lève les épaules, mets mon sac sur celles-ci et décide de prendre les devants. J'entendis deux soldats laisser tomber un soupir, derrière moi. Pour moi aussi, c'était assez chiant, niveau communication. Vous imaginez, toujours entendre d'avance tout ? Le manque de surprise lorsque la personne vous parle...
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Rosolia
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« Répondre #2 le: Juin 12, 2010, 08:55:42 pm »

  Le bruit lointain la tira soudain de ses songes. Surprise, Rosolia se tourna vers son origine. Elle n'avait jamais entendu un son pareil. Ce n'était pas tant son volume qui la surprenait, même si il fallait quelque chose d'impressionnant pour être entendu d'aussi fort alors qu'elle n'en voyait même pas la source ; c'était surtout l'impression très dérangeante qu'il lui donnait. Ce bruit était répétitifà l'extrême ; le même son, revenant encore et encore sans variation. La nature sauvage ne connaissait pas ce genre de bruit. Le vent était perpétuellement en mouvement, le ressac du torrent sur les pierres n'était jamais constant, et le chant du coucou lui-même n'était jamais tout à fait le même...

  Elle ne connaissait pas la source de ce bruit, mais elle pouvait deviner quelque chose à son sujet. Seule la technologie était capable d'un bruit aussi peu naturel et aussi répétitif. Il lui rappelait la roue du moulin à eau de son visage, dont le bois faisait, à intervalle régulier, un son toujours semblable. Mais ce bruit-là... Alors que ses yeux fouillaient le ciel, elle finit par repérer la forme sombre qui y avançait lentement. Oui, ce bruit était bien celui de la technologie. Celui de l'humanité débarquant sur Little Planet après tant de siècles...

  Elle aurait du être inquiète, elle le savait. On lui avait déjà fait la leçon sur le danger que représentait l'arrivée de mobiens ou d'humains sur le lieu de vie des Seedrians. Elle aurait du prendre peur et courir à son village prévenir la Pétali en charge pour qu'on puisse se préparer. Et pourtant... Pourtant ce n'était pas de la peur qu'elle ressentait, mais de l'excitation. Le frisson de l'inconnu, le sentiment que quelque chose d'incroyable était en train de se passer et qu'elle était aux premières loges. Elle avait follement envie de courir à la rencontre de ces inconnus... Et puis après tout, elle venait de manger, alors elle ne risquait pas de les mettre en danger, n'est-ce pas ? Et l'idée que ce soit elle qui puisse être mise en danger lui échappait quelque peu...

  Alors elle se mit à courir vers l'endroit où elle voyait l'hélicoptère atterrir, cet hélicoptère qui représentait la seule chose que l'abondance de Little Planet ne pouvait lui fournir, et de fait la seule chose qu'elle désirait vraiment : la nouveauté. Et si elle les trouvait, et bien, elle les observerait, le plus longtemps possible, pour apprendre à connaître ces nouvelles choses. Peut-être pourrait-elle savoir pourquoi ils étaient là, mais sinon ce n'était pas grave, les voir était déjà assez, et c'était plus prudent... Jusqu'à ce qu'elle n'en puisse vraiment plus et aille à leur rencontre.


 
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« Répondre #3 le: Juin 12, 2010, 10:00:57 pm »

" Caporal, c'est inutile. "

L'homme à mes côté avait commencé à régler ses lunettes de vision avant que je ne lui parle. Il me regarda d'un air interrogatif, la question allait venir, et comme il s'y attendait, je répondis avant qu'il ne pose le moindre mot. Elle ne l'avait pas écouté, ou quoi, se dit-il, sans doute, à voir son visage ? Ou bien, elle réservait cette politesse aux locaux.


" Les gens ici sont en harmonie avec la nature... Non, je devrais plutôt dire qu'ils ne font qu'un avec la nature. Un mobien peut être en harmonie, eux, c'est... différent, selon la documentation que l'on a. Vous avez autant de chance de trouver un Seedrians qui se cachent dans ces bois que de gagner au loto. Soit, une chance sur quelques millions. Ils viendront à nous, j'ai dit. "

Nous continuons notre chemin, toujours en ligne droite, avec quelques variances pour éviter les divers obstacles. Le village Seedrians le plus proche est à environ une heure de marche, avec notre vitesse. Boussole et carte en main, je guidais, moi et le groupe dans ces bois. Le problème par ici n'est pas vraiment de se perdre, chacun des soldats ici sait se retrouver dans les bois. Le problème par ici est aussi le facteur temps. Une carte et une boussole n'aide pas en tant que tel, mais la carte est assez détaillé pour faire savoir s'il manque un truc dans le décor. Se perdre dans le temps serait assez gênant, en fait, mais toujours selon la documentation, c'était assez stable pour ne pas être considéré comme un risque potentiel pour la mission.

" Caporal Amarate, je vous ai dit que ça ne servais à rien. "

L'homme parut surpris, sur le coup, et me regarda avec un air interrogatif. Tiens, ça changeait du découragement, sur le coup. Je les croyais habitués à...

" Je ne comprends pas... Capitaine... Je ne fais rien... et je ne voulais rien faire. "

Quoi ? J'étais sûr que... Du dos de la main qui tenait la boussole, je se frotta le visage. J'avais eu ma dernière opération il y avait trois jours, pas de raison pour que mon don me fasse défaut... Ce n'était sans doute pas une nouvelle crise... Merde... je laissa tomber un léger grognement. Amarate allait me demander si tu allais bien. Au moins, mon don était encore présent.

" On continue ! "

Peut-être que ce n'était qu'un retour de flamme, modèle vision, que j'avais ressentit... Quoi qu'il en soit, c'était une faiblesse que je devrai vérifier l'origine plus tard. Nous continuons d'avancer, toujours en direction de ce village. Nous ne sommes pas très loin de Quartz Quadrant. peut-être une demi-journée de marche, mais j'avais fait exprès de ne pas me diriger directement là-bas. Les seedrians aurait pu voir cela comme une agression si l'on avait été dans leur capitale dès le départ. Déjà que je me doutais que nous allions avoir un accueil chaleureux... À se demander pourquoi Bradley les envoyait ici...

" Ils sont moins rapide que je l'imaginais pour venir à notre rencontre. " Dit l'un de mes soldats. " Et s'ils ne viennent pas ? "

Je ne répondis pas. S'ils ne viennent pas, ça deviendra sans doute de plus en plus mauvais plus que nous approcherons du village. Heureusement qu'ils sont réputés pour être des hippies...
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Rosolia
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« Répondre #4 le: Juin 13, 2010, 12:44:33 pm »

  Ils étaient drôle, ces animaux. Ils avançaient dans la forêt comme si ils voulaient vraiment déranger tout ce qui s'y trouvait ; ils faisaient du bruit, cassaient des branches, chassaient les insectes avec leurs mains, et parlaient fort. Mais ce qui les rendaient si amusants, c'était qu'ils essayaient vraiment d'être discrets ! Ils devaient leur manquer quelque chose... Les anciens qui aimaient le moins les mobiens disaient qu'ils avaient perdu leur lien à la nature, et que c'était encore pire chez les primaux. Rosolia n'en savait rien, elle n'en avait jamais rencontré, mais en les voyant comme ça, elle se disait que c'était peut être vrai.

  D'un autre côté, elle n'avait jamais vu de Seedrian s'élever dans le ciel comme ils le faisaient dans leur grande machine. La plupart des Seedrians aimaient les histoires du temps d'avant les animaux, quand le peuple-plante marchaient librement sur l'immense Mobius, et que la guerre n'existait pas, pas plus que la technologie bruyante et addictive. Mais Rosolia préférait de loin les histoires de l'apparition des mobiens, quand le pouvoir des Emeraudes brillait sur la terre et que les Seedrian, pas encore  complètement retirés, parlaient, se disputaient et parfois se battaient avec eux ; les histoires où la technologie naissante s'opposait au pouvoir de la nature... Ses yeux brillaient quand on les lui racontait, et elle rêvait de s'être trouvé là à ce moment.

   Elle était donc follement joyeuse d'observer ces créatures depuis la nature environnante. Elle se glissait d'arbre en arbre, marchait sans faire de bruit, passant un moment à l'arrière de la troupe avant de se mettre devant elle. Elle connaissait assez bien la région pour deviner quel chemin ils allaient emprunter, certains étant plus facile pour les animaux. Pour sa part, elle n'avait aucun problème à se faufiler au milieu des ronces sans se déchirer, ça faisait partie de son instinct. Et encore, elle y arrivait moins bien que les autres Seedrians, qui pouvaient d'une penser faire s'écarter les épines de leur passage. Elle devait tout faire manuellement, car elle n'avait pas de contrôle sur les plantes...

  Le groupe semblait contenir à la fois des mobiens et des primaux, sans doute leurs esclaves. C'était un petit groupe, alors il était peu probable qu'ils viennent avec des intentions violentes. Néanmoins elle avait un peu peur. Que faire face à ces intrus ? Elle avait envie d'aller les voir et de leur poser plein de questions, mais... Plus elle y pensait, plus elle se disait qu'il y avait beaucoup  plus amusant. Après tout, elle était une fille de la nature, n'est-ce pas ? Cette forêt était le lieu parfait pour prendre l'avantage sur eux. Oh, rien de violent... Juste rattrapper enfin ce qui lui avait tant manqué par le passé : le jeu.

  Les enfants Seedrians jouaientr autant que n'importe quel enfant mobien ou primal, plus même, ayant encore moins besoin de dormir. Mais Rosolia n'avait jamais été à même de vraiment jouer avec eux... Si l'on jouait à cache-cache, elle perdait toujours, parce que les autres savaient infiniment mieux qu'elle se fondre dans l'environnement.  A contrario, elle ne perdait jamais un jeu du chat, parce que personne ne savait mieux chasser qu'elle. C'était presque lassant, et à la longue les autres refusaient d'y jouer avec elle. Alors aujourd'hui, elle allait profiter de l'occasion... Et puis, avec un peu de chance, elle ralentirait le moment où un Seedrian du village viendrait s'enquérir de ce qui se passait – un moment qui serait beaucoup moins drôle pour tout le monde.

  Soudain, un rire léger éclata à droite du groupe de Val'kyr. Il résonnait dans les branches, comme une voix fantomatique... L'instant d'après, le même son revenait, à leur gauche. Il y avait tout autour d'eux un bruit vif, comme quelque chose se déplaçant entre les arbres, mais c'était incohérent : il semblait se déplacer tantôt dans la direction de la voix, tantôt complètement à l'inverse, comme si plusieurs personnes différentes se mouvaient autour d'eux... En fait, Rosolia s'amusait comme une folle à tourner tout autour d'eux tout en ne faisant du bruit que quand elle le voulait. Elle riait pour les perturber, pour voir la surprise sur leurs visages. Quand elle en eut assez, elle redevint tout à fait silencieuse pendant quelques secondes, puis clama de sa voix la plus grave :


  -Mobien !

  Quatre pas silencieux l'amenèrent à un endroit tout différent de celui dont elle venait de crier, et lorsqu'elle reprit, ce fut d'une voix toute féminine, avec des accents de séductrices – qui n'étaient que moyennement réussis ; elle n'avait que 16 ans et pas de libido, après tout :


  -QUe venez-vous faire sur Little Planet ?

 
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« Répondre #5 le: Juin 13, 2010, 01:51:32 pm »

" Celui qui a la moindre réaction agressive aura un blâme. "

Les soldats n'eurent pas le temps de poser de question que des bruits se firent entendre. L'un d'eux eux presque le réflexe de porter sa main à son arme avant qu'Amarate ne lui retienne le bras et lui lance un regard noir. Les rires, les bruits de branche et de déplacement. Ils faisaient exprès de faire savoir leur présence, c'était plus qu'évident. Pour voir nos réactions ? Sans doute. C'était plus logique que de se montrer à nous sans même regarder qui nous sommes. En fait, à regarder qui nous sommes, c'était surtout logique qu'ils agissent ainsi. Je sentais que mes certains de mes soldats n'avaient pas cette assurance, mais contenait leurs craintes. Ce sont avant tout des soldats des Forces Spéciales, ils savent se tenir en toutes circonstances.

" Ne vous inquiétez pas, je vous rappelle que nous avons dix secondes d'avance sur eux. "

C'était la moindre des choses. Nous sommes sur un territoire inconnu, que ces inconnus maîtrisent à la perfection, sans équipements lourd, sans support réellement possible. Normal que mes soldats se sentent mal à l'aise. Ça se comprend. Mais je ne voulais qu'en même aucune réaction de leur part pour autant.

Puis, tout redevint silencieux. On allait leur parler dans quelques instants. Cette voix, ou ces voix, elle n'en était pas sûr, faisait tout sauf... naturelle, sans mauvais jeux de mot. Je fronça légèrement les sourcils. Cette voix m'appelait, moi, par ma race. Ils devaient se sentir plus proche des mobiens que des humains. Je fis signe au groupe de rester là, alors que je fis trois pas en avant, pour me distinguer.


" Capitaine Maiev des Forces Spéciales de l'unité Valkyrie. " Les habitants des lieux ne doivent même pas savoir de quoi je parle, mais une identification reste une identification. " Nous sommes venus en ami. Nous voulons discuter avec vous l'éventualité d'une ouverture diplomatique avec votre peuple. Nous savons que vous avez déjà eu de la difficulté avec le terroriste dénommé Eggman. Nous voudrions aussi que ce genre d'évènement ne se répète pas. "

Je sortis mes armes, toujours dans leur étui, et je fis signe à mes hommes d'en faire autant. je me relève lentement. Je m'éloigne en faisant deux pas en avant, toujours calmement. Inutile de se brusquer.


" Ce sont toutes nos armes, vous pouvez les confisquer si vous nous faites pas confiance. Nous sommes ici en mission diplomatique, et avec le but d'en apprendre un peu plus sur votre peuple. "

Sur ce dernier point, c'était sans doute plus que vrai. Les seedrians seront la nouveauté, s'il devient possible d'en rencontrer. Sur le coup, elle se demandait si ce n'était pas cela que Bradley voulait voir...

Sinon, elle se tut. la voix ne leur avait demander que le pourquoi de leur présence.
« Dernière édition: Juin 13, 2010, 03:45:22 pm par Maiev » Journalisée

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« Répondre #6 le: Juin 14, 2010, 06:52:54 am »

  Eggman, Eggman, quel nom étrange... Un nom qui ne lui évoquait rien du tout, mais dont il parlait comme si elle devait le connaître... Puis elle comprit : la louve devait parler de l'éveilleur, celui qui avait cherché à prendre possession de Little Planet et qui avait codifié les flux temporels au moyen des Time Post. En un sens, elle lui en était reconnaissante ; c'était lui qui avait permis l'éveil des Seedrians endormis. Mais il était vrai que ses actions n'étaient guère louable, à voir ce qu'il avait fait du futur de Little Planet... Si ces gens se différenciait de lui, c'était qu'ils étaient peut-être sympathiques.

  En tout cas, elle adorait la façon dont ils regardaient autour d'eux, inquiets de l'entendre sans la voir, ne sachant comment réagir. Elle se demandait d'ailleurs ce qu'elle allait bien pouvoir leur demander ensuite... Si ils étaient venus en paix, peut-être qu'elle pourrait les forcer à faire des choses drôles sous prétexte de prouver qu'ils ne leur voulaient aucun mal ? C'était une idée très tentante... Elle pourrait par exemple demander à Maiev de faire le poirier, ce serait très drôle !

  Mais, si amusante que soit cette perspective, Rosolia savait qu'elle ne pouvait pas le faire. Son bourgeon avait éclot, elle n'était plus une enfant, et elle avait conscience de certaines contraintes que posait le monde. Si ces gens étaient venu sur la terre des Seedrians pour la première fois depuis des siècles, voire des millénaires, c'était pour quelque chose d'important. Quelque drôle que soit cette perspective, elle ne pouvait pas leur demander des âneries simplement pour s'amuser. En fait, plus elle y pensait, plus elle réalisait que sa position de première Pétali à avoir parlé aux animaux était privilégiée. Elle était importante ! C'était elle qui allait se présenter la première à eux, décider si oui ou non elle allait les mener aux siens, et apprendre en premier ce qu'ils avaient à dire.

  En fait, tout cela pouvait s'avérer beaucoup aussi fructueux qu'elle l'avait imaginé au début. Si elle laissait les autres Seedrians nouer le contact, il n'y aurait justement pas de contact. Ce qui était stupide. Elle devait arranger les choses...
  A quelques mètres devant Maiev, les feuillages se mirent à bruisser doucement, et une silhoette en émergea en glissant doucement, une silhouette aussi verte que la végétation environnante, mais dont la chevelure rouge jurait avec la forêt. Lorsqu'elle parla, ce fut de sa voix naturelle, quelque peu crispée par une légère apréhension. Elle essayait de se montrer maîtresse d'elle-même.

  -Vous ne trouverez pas ce que vous cherchez ici. En cas d'arrivée de mobien ou de primal, tous les non-combattants sont dissimulés et les autres se préparent à une embuscade. Un seul Seedrian viendra vous parler, mais pas pour négocier, simplement pour réclamer votre départ immédiat. Il ne vous écoutera sans doute même pas.

  Elle haussa les épaules en parlant. Ce protocole lui avait toujours semblé stupide.


  -Ces idiots pensent que vous n'avez rien à leur apporter.

  Elle se tut, fixant Maiev sans un regard pour les autres membres de son équipe. De toute évidence, elle attendait quelque chose.
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« Répondre #7 le: Juin 14, 2010, 01:00:49 pm »

Lorsqu'elle apparue, par ce fait, dans mon cas, dix secondes avant qu'elle n'apparut réellement, j'ouvris légèrement la bouche, surprise par l'apparence de leur visiteur. Quelle étrange créature... Aussi étrange que peut être un mobien pour un humain sans doute, si ce dernier venait à le rencontrer pour la première fois... En fait, on aurait dit une mobienne fleur. Mais dans cette fleur blanche, ses cheveux roux, dans cet exotisme, je la trouvais belle, fascinante. C'est donc cela, les seedrians ?

Je me contrôle, et lorsqu'elle sortit des buissons, je ferme la bouche pour réfléchir un peu plus à ce qui allait suivre. Mes hommes furent sans doute aussi surpris que moi, peut-être pas aussi émerveillé, mais je ne m'occupe aucunement d'eux. Aucun d'eux n'allait faire une bêtise comme parler dans les dix prochaines secondes. Sinon, la question qu'elle me posa était très pertinente. Qu'est-ce que les Fédérations apporteraient à ce peuple ? La réponse est rien, ou pire, des ennuis. Mais je ne peux pas dire cela, j'ai reçu des ordres. Je souris, sans malice. Plutôt un air d'amusement, toujours mêlée à cette fascination de la rencontre.


" Je me suis présenté, petite fleur, pourquoi tu en ferais pas autant ? " Je regarde autour de nous quelques instants. " ...et selon tes dires, ce n'est pas toi qui vient nous donner cet avertissement. Tu es donc venu seul, tu dois donc être brave... ou tu n'as pas peur. Peut-être l'amusement de jouer un peu avec nous. "

Ne pas avoir peur et le courage est deux choses totalement distinctes. Mais là n'est pas la question. La question reposait surtout que cette seedrian avait décidé de venir nous voir, nous, plutôt que d'alerter son village, même s'il était probable que le village en question soit déjà au courant. Je croise les bras, et je semble réfléchir quelques instants.


" Mmhh... qu'est-ce que l'on a à vous offrir... " De l'index, je me gratte le dessus de la tête. " Je ne connais rien de vous, donc, rien de vos besoins. Peut-être que tu pourrais m'éclairer un peu ? "

Je continuais de lui sourire, la regardant dans les yeux. Maintenant, c'était moi qui attendait quelque chose. Inutile de proposer quoique ce soit si je ne sais même pas comment ils vivent. même leur alimentation était un secret pour moi. De plus. Je ne croyais pas les seedrians si grand. Même avec ma taille, elle me dépassait de presque vingt centimètres.
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Rosolia
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« Répondre #8 le: Juin 16, 2010, 04:06:39 pm »

 -Avant tout, tu ne dois pas poser cette question.

  Fascinée par sa forme, Rosolia dévisageait Maiev des pieds à la têtes. Elle n'avait jamais vu de créature semblable, même si on les lui avait décrite dans les récits du passé de son peuple... C'était comme un animal, mais ça marchait sur deux pattes, ça parlait... Comme un Seedrian animal, quoi. Au fond, elles n'étaient pas si différentes, en tout cas assez proche pour s'entendre sans trop de problème. C'était les humains qu'elle trouvait vraiment bizarre... Plus grands qu'elle, mais surtout avec très peu de très animaux, ni fourrure ni écailles, des traits extrêmement subtils par rapport au faciès très marqués de la louve. Elle ne savait trop que penser d'eux.

  Maiev en tout cas lui inspirait des sentiments mitigés. D'un côté, elle avait l'air amicale, à l'appeller petite plante et à lui sourire, et elle parlait sans brutalité. De l'autre, elle avait l'air dangereuse – elle pouvait voir son couteau, et comme la plupart des plantes elle n'aimait guère les lames. Et elle était quelque peu frustrée de voir que son apparition n'avait causé aucune surprise apparente chez la louve... Intriguée, aussi. Quoiqu'il en soit, maintenant qu'elle s'était lancée, il fallait aller jusqu'au bout, s'accrocher à ses objectifs et advienne que pourrait.


  -Je suis Rosolia, se présenta-t-elle avec une légère inclinaison du buste. Même parmi ma propre race, je suis considéré comme quelqu'un d'atypique. Mais je peux t'aider.

  Quelque pas en avant l'amenèrent plus près de la louve, qu'elle continuait à jauger du regard. Rosolia n'avait pas d'odorat ni de nez, et captait l'oxygène par la peau ; de sorte qu'elle percevait les odeurs et les phéromones comme par contact. En approchant de Maiev, elle pouvait sentir certaines choses chez elle... Le musc de sa fourrure, le souffle de sa respiration, l'odeur artificielle de ses vêtements, à quelle point elle était ap...
  Rosolia recula soudain d'un pas en secouant la tête. Ce n'était de toute évidence pas une bonne idée de s'approcher de trop près de Maiev ; elle ne s'était pas attendu à ce que son odeur à elle-seule suffise à éveiller son appétit. Cherchant à concentrer sa pensée sur autre chose, elle reprit la parole.


  -Si tu te contentes d'arriver avec des choses à offrir, tu seras poliment jeté dehors. Même chose si tu proposes de leur donner ce qu'ils veulent. Surtout avec des Primaux ; ils ne sont guère appréciés par ici. Ce qu'il te faut, c'est un médiateur qui te donne le temps nécessaire pour parler et qui t'indique à l'avance quoi proposer. Bien sûr, je pourrais être ce médiateur...

  Elle se remit à sourire. Elle avait l'avantage, et elle comptait bien en tirer quelque chose de plus que le peu que Maiev avait à offrir maintenant.

  -En échange de mon aide pour dialoguer avec le peuple Seedrian, je veux que tu t'engages à accomplir, à n'importe quel moment, un service que je te demanderais, quel qu'il soit. Et ne prends pas cette promesse à la légère ; si tu trahis une parole de Seedrian, je n'hésiterais pas à vous mettre tout mon peuple à dos.
 
  La demande était lourde, certes, mais il y avait plus important. En acceptant un tel marché, Maiev ferait dépendre l'intégralité des relations entre l'humanité et les Seedrians de sa propre relation à un individu dont elle ne connaissait pas grand chose, et de sa capacité à remplir la promesse qui lui était demandée. Si elle échouait personnellement, les conséquences seraient générales. Pour Rosolia ce n'était pas seulement une question de profit personnel, c'était aussi un moyen de voir si Maiev était prête à un tel engagement. Si acceptait à la légère, il était probable qu'elle prenne cette dette à la légère aussi, voire ne l'accomplisse pas...



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Maiev
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« Répondre #9 le: Juin 18, 2010, 02:54:55 am »

Je me laissa inspecter sans rien dire, et ne fit aucune réaction lorsque la fleur fit un saut en arrière. Je n'en savais pas la raison, mais peu importe. Si c'était la première fois que Rosalia voyait un mobien, on pouvait aisément comprendre sa réaction. Par contre, fait intéressant, elle ne semblait pas porter le moindre intérêt à mes hommes. La plante m'expliqua le pourquoi assez vite. J'entendis quelques-uns de mes hommes se demander d'où venait ce terme de Primal, mais moi, personnellement, je m'en foutais. L'important était qu'ils la gênaient dans ma mission diplomatique par leur seule présence.

La demande de Rosalia me fit froncer les sourcils. Non pas par mécontentement, ou par surprise, mais parce que je réfléchissast... Je ne s'étais pas attendu à une demande personnelle, en fait. Peut-être que cela sera une demande pour son peuple, et non pas pour elle. mais cela demandait bien sûr un investissement sérieux, surtout qu'il s'agissait de la première rencontre Seedrian-mobien depuis sans doute très longtemps. Ce que je dira aura son importance dans l'histoire futur, sans doute.


" Partez, vous gênez. "

Mes hommes furent surpris, sur le coup, ne sachant pas si cela leur était adressé. La demande était si soudaine.


" C'est un ordre, partez. Votre présence va compliquer les choses, pour le début. Si j'ai besoin de votre aide, nous resteront en liaison radio, dans cette éventualité. "

Certains voulurent protester, mais ils savaient que ça ne servait à rien. Et bien vite, ils rebroussèrent chemin sans dire un mot, sans faire un bruit. C'était un ordre, après tout. Je les regarde s'éloigner quelques instants, avant de rapporter mon attention sur la fleur. Je lève la main, et je pointe un petit buisson.


" Dans huit secondes, un écureuil va sortir de ce buisson, et en nous voyant, va fuir vers l'arbre un peu plus derrière moi. "

Avec le temps que je dise la chose, cela pris quatre secondes avant que le dit écureuil ne sorte, et fasse exactement ce que j'avais dit. Je ne l'ai même pas regardé, je savais que ça s'était passé comme je l'avais dit.


" J'ai de cinq à dix secondes d'avance sur tout le monde. Ça peut s'élever jusqu'à cinq minutes si je me concentre. Mais au prix d'un épuisement. Et au delà de dix secondes, je suis obligé de rester concentré sur mes visions. Je ne dis pas cela pour vous intimider, ou vous impressionner, mais plutôt pour éviter un sentiment de trahison si vous venez à l'apprendre. Je ne le contrôle pas, je ne peux l'arrêter. Et par conséquent, si je sais que l'une de mes phrases va être mal interprété, je peux la changer au dernier instant. Si vous ne me faites pas confiance, prenez dix secondes pour me répondre, Rosalia. "

Je me penche, pour ramasser mes armes, doucement, alors que je parle. Normalement, je n'indique jamais cette particularité, encore moins à une inconnue. Je perdais ici un avantage certains. Mais je sentais que c'était nécessaire. Je tendis mes armes à Rosalia, voir si elle préférait les prendre, ou me les laisser. J'avais réduis mon temps de prémonition à cinq secondes. Pas assez pour influencer grandement une conversation, suffisant en cas d’attaque.


" Je suis à cinq secondes maintenant. Si je vous dis cela, si je livre mes armes à vous, et si j'accepte votre marché, c'est que je mets tout ce que j'ai entre vos mains. Je suis l'étranger, c'est à moi de faire tout en mon pouvoir pour améliorer nos relations... Ha, et pour votre marché... ça marche, bien sûr... tant qu'il ne s'agit pas de trahir les miens... "
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Rosolia
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« Répondre #10 le: Juin 18, 2010, 09:06:40 pm »

  Les armes l'inquiétaient. Elle n'avait pas l'habitude de voir des objets en métal sur Little Planet ; à ses yeux l'acier avait une apparence clinique, artificielle, comme dénuée d'âme et de vie. Elle considérait les armes de Maiev avec une méfiance instinctive... Mais peut-être qu'elle le prendrait mal si elle faisait la dégoûtée alors qu'elle les lui offrait ainsi ? Dans le doute, Rosolia avança doucement la main pour saisir le manche des deux armes, qu'elle amena vers elle en les scrutant avec attention. Le pistolet surtout la fascinait... Comment pouvait-on faire tenir autant d'énergie dans une si petite chose ? Une puissance destructrice concentrée sur une ligne parfaite, sans explosion, sans dommage collatéral, juste une petite pointe perçante et mortelle.

   Ça la faisait frémir, aussi elle rendit ses armes à Maiev avec un sourire qui masquait mal le fait que ces choses la mettait mal à l'aise. Mieux valait embrayer sur la discussion.

  -Je suis touchée que vous me révéliez quelque chose d'aussi crucial. Vous auriez pu garder cet avantage pour vous. Je suppose qu'on peut vous faire confiance...

  Elle regardait la louve, réfléchissant quelques instants, puis elle sourit à nouveau.


  -Je tiens à faire le même geste envers vous, pour vous montrer que vous pouvez aussi me faire confiance. Si vous rencontrez mon peuple, vous verrez souvent des Seedrians manipuler la végétation ; la plupart peuvent contrôler les plantes, se fondre totalement dans l'environnement, ressentir la nature environnante. Ce n'est pas mon cas... Comme vous, je suis... particulière.

  Elle n'en dit pas plus, et ferma simplement les yeux, se concentrant un peu. Normalement, elle pouvait faire ça d'une pensée, mais elle voulait ralentir le processus, afin que le pouvoir de Maiev lui permette de voir venir ce qui allait se passer pour ne pas lui faire peur en la surprenant.
  Du dos de Rosolia sortit doucement une fine tige verte qui s'allongeait dans les airs, toute en courbes souples. Une autre glissa le long de l'herbe sur le sol, comme un serpent sans visage ; et d'autres suivirent bientôt, comme des lianes, qui prenait possession de l'espace tout autour d'elle. A chaque instant elles se faisaient plus longues, plus épaisses, jusqu'à ne plus être des lianes mais bien des tentacules, longs, souples mais indéniablement puissants. Leurs extrémités se couvraient petit à petit de poils rouges qui semblaient porter des gouttes de rosée... Et les huit formes glissaient dans les airs, couvrant l'espace qui la séparait de Maiev jusqu'à entourer celle-ci, dégageant un faible souffle sur sa fourrure alors qu'elles la frôlaient doucement.

  Puis les appendices revinrent en arrière, et leur taille se réduit jusqu'à ne plus être que d'infimes filaments que le dos de la Pétali sembla avaler. Elle rouvrit alors ses yeux, l'air plus sérieux que jamais.


  -Ses tentacules sont mes armes. Avec eux, je chasse. A travers eux, je me nourris. Ils pourraient sans doute briser des os, mais ce n'est pas quelque chose à quoi j'aime penser. Je suis une Seedrian carnivore, une rareté chez mon peuple qui n'a besoin que de soleil et d'eau pour survivre. Cela me coupe de la nature ; cela me permet aussi de penser différemment, d'être plus originale. C'est pour ça que je pense que vous pouvez nous apporter quelque chose.

  Maiev et elle était liées maintenant, elles partageaient une promesse d'aide mutuelle et s'étaient révélées une part de leur nature intime. Ça avait beaucoup d'importance aux yeux de Rosolia, qui vivait dans de petites communautés plus ou moins anarchiques où la bonne entente primait et où la confiance était une valeur constante. Que Maiev puisse la trahir aurait été incongru ; qu'elle même trahisse Maiev ne lui venait pas à l'esprit.
  Rosolia sourit à nouveau, désigna gracieusement de la main la forêt qui les entourait.


  -Vous êtes les bienvenus ici, quoi qu'en diront les autres, et vous êtes sous ma protection. Même les Primaux. Il faudra m'excuser auprès d'eux, mais... Nous avons du mal avec les humains. Ils nous paraissent plus... bizarres que les mobiens, et nous avons du mal à accepter la façon dont ils dirigent Mobius.

  Ce que venait de dire Rosolia était étrange, puisque les Seedrians étaient censés avoir disparu depuis des siècles. Qu'ils sachent que les humains avaient la majorité du pouvoir mondial semblait indiquer qu'ils n'étaient pas totalement ignorants de ce qui se passait dans le monde d'en bas...
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« Répondre #11 le: Juin 21, 2010, 06:26:29 pm »

Je repris mes armes. La petali ne semblait pas apprécier leur contact. Ça pouvait se comprendre assez facilement. Quoi qu'il en soit, je les rattache à ma ceinture, plus vers l'arrière, pour que la veste militaire les cache. Ça sera déjà ça. Inutile de mettre les autres seedrians mal à l'aise pour si peu. Ça serait bête.

Rosalia me dit des choses importantes sur son peuple... Contrôle de la végétation... Voilà qui était particulier comme trait racial. Surtout des plus pratique pour ne pas se faire déranger sur cette planète. J'avais raison de croire qu'il était pratiquement impossible de trouver un habitant des lieux avec les moyens techniques conventionnels... Quoi, particulière ? Ha... D'accord, bien que je vis d'avance ce qu'il allait se passer, mes yeux s'ouvrirent grand à ce que je voyais devant moi. Ce qui semblait être une petite petali sans défense devenait vite une plante muni d'armes dangereuses. Je ne stresse pas, elle n'a aucune intention agressive envers moi... Mais il faut dire que sur le coup, cela surprend. Et je ne bouge pas plus lorsque ces lianes se dirige vers moi. Je me dois de rester un minimum stoïque.

Sur le coup, je me demanda bien où elle voulait aller, avec cela, alors qu'un frisson me parcouru l'échine, lorsque ces lianes me frôlèrent, laissant un léger souffle derrière elles. C'était impressionnant, mais je dois l'avouer, sur coup, ce n'était pas le caractère dangereux de la scène qui me venait à l'esprit. Quoi que peu importe. Rosalia m'expliqua qu'elle était une plante carnivore, une rareté chez son peuple... Il faudra que je me garde cela en tête; m'assurer qu'elle n'ait pas faim lorsque je suis avec elle. Mmhh... Différente des autres, et elle ne peut se fondre dans la flore comme ses semblables... Sur coup, je me demande si elle n'a pas été seule une bonne partie de sa vie, même en communauté. Seule au milieu des autres, hein ?


" Je te remercie, Rosalia. "

Ce fut tout ce que je répondis. Pour l'instant, je ne me pose pas trop de questions sur le lien entre les Seedrians et Mobius. Il y a de nombreuses autres questions qui sont plus pertinentes pour le moment. J'avance vers elle. Je lui souris. Cette petite me plaisait déjà. En les voyant arrivé, elle s'est dit qu'elle pouvait avoir un avantage, et a travaillé pour cet avantage. Ça se respecte, ce genre d'attitude. Ça change des mobiens qui n'attendent que tout leur tombe tout cuit dans le bec, dès que ça ne va pas comme ils le veulent. Mais je doute que tout son peuple soit ainsi, après tout, Rosalia m'avait dit qu'elle était spéciale.


" Je crois que nous pouvons donc reprendre la route, et tu en profiteras pour me dire ce qui ne faut pas que je dise ou propose, hein. "
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« Répondre #12 le: Juin 25, 2010, 08:30:44 pm »

  -Allons-y, alors.
 
  La réponse était simple, et Rosolia se retourna pour reprendre la marche. Elle était partie de son village deux jours plus tôt, et n'avait pas originellement pas l'intention d'y retourner avant une semaine. Elle faisait de plus en plus d'excursions de ce genre, s'éloignant plusieurs jours de sa communauté pour trouver la tranquillité de la nature et la paix intérieure que lui apportait la chasse. Pourtant elle était contente de ne s'être pour une fois pas trop éloignée, sans quoi elle aurait raté Maiev... Tant pis si cela voulait aussi dire rentrer plutôt chez elle, et surtout se disputer avec tout le village sur le fait qu'elle aurait du mettre les intrus à la porte dés qu'elle les avait vu.

  En effet, Rosolia avit un pas presque sautillant malgré cette perspective peu agréable. Elle avait rencontré son premier mobien, et surtout elle lui avait fait contracter une dette qui lui serait sans doute utile plus tard. Elle n'avait pas d'intention mauvaise, mais sa curiosité ne se satisferait pas d'une simple entrevue diplomatique. Elle réfléchissait déjà à ce qui devrait s'en suivre... Avant tout elle devait s'assurer que Maiev ferait bonne figure.

  -D'abord, tu dois savoir que les Seedrians se considèrent avec une certaine hauteur, et te verrons sans doute comme un grand enfant. Si tu arrives vers eux comme un marchand, en leur proposant des choses, ils seront offensés. Tu dois leur faire comprendre que tu viens ici en toute humilité et que c'est toi qui a quelque chose à gagner d'eux, et que tes propres offres ne sont qu'une maigre compensation.

  Tout en parlant, elle regardait autour d'elle. Elle reconnaissait l'endroit, bien sûr : une zone forestière de Palmtree Panic, à la végétation douce et à l'environnement accueillant. Pourtant il y avait quelque chose d'étrange ici. Ce n'était pas que cela la mette mal à l'aise, non, c'était une sensation à laquelle elle était habituée, elle ne parvenait juste pas vraiment à mettre la main dessus. La présence de Maiev, la nouveauté des évènements et l'anticipation de ce qui se produirait ensuite la distrayait trop, elle ne parvenait pas à se concentrer. Elle continuait donc de parler en attendant de trouver.

  -Il faut toujours vous rappeler de respecter la beauté de Little Planet. Si vous montrez le moindre signe de mépris pour l'endroit, si vous parlez de « l'améliorer, » les choses finiront mal. Aux yeux des Seedrians – même aux miens – cet endroit est un havre de paix. Une perfection.

   Pour l'instant, elle ne disait pas à Maiev ce qu'elle devrait dire ; elle préférait lui signaler ce qu'il fallait ne pas dire, pour lui éviter des impairs dangereux. Et puis elle se disait que si Maiev était venue jusqu'ici, c'était qu'elle avait déjà des choses à proposer.
  Dans l'air, une vague vibration commençait à se faire sentir, qui faisait crépiter la peau de Rosolia.
  Et soudain, elle se rappela.

 
  -Surtout, ne t'inquiète pas !eut-elle seulement le temps de prévenir Maiev.

  Devant eux, la forêt changea soudain ; une ligne scintillante la traversa et sur son chemin les arbres et la terre changea de forme, jusqu'à la lumière du ciel se modifiant singulièrement... L'instant d'après la ligne scintillante les toucha, u et ils la sentirent, une onde qui parcourait toute la forêt se faisant ressentir jusque dans leurs propres corps ; une vibration qui semblait tout électriser avant de retomber...

  Autour d'eux, le soleil de midi illuminait un beau paysage – alors qu'un instant plus tôt on était en plein après-midi. L'environnement avait changé. Les arbres étaient plus haut, plus développés, mais moins nombreux, chacun ayant plus d'espace pour pousser. Mais surtout ce n'était plus simplement des arbres ; le long des troncs couraient des tuyaux d'une matière étrange et souple, et leurs feuilles luisaient avec un éclat tout différent de celui d'une plante traditionnelle. Ici et là, des canalisations couleurs terre émergeaient du sol, reliant un courant d'eau voisin aux plantes.

  A la voir, il était évident que Rosolia ne s'attendait pas à ça. Mais elle finit par hausser les épaules, se retournant vers Maiev.
 

  -Bienvenue dans un futur optimiste. Ce genre de chose arrive de temps en temps – je suppose que tu l'avais vue venir de toute façon. Ce qui est étrange, c'est que ce genre de flux spontané n'arrive plus depuis qu'Eggman a planté les Timeposts...

  Elle se caressait le menton d'un air songeur.


  -De toute façon, je suppose qu'il n'y a plus qu'à continuer. On trouvera bien un moyen de retourner dans le présent pour rejoindre le village...
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Maiev
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« Répondre #13 le: Juillet 23, 2010, 04:02:30 pm »

Je notais les conseils mentalement, ils seront sans doute plus que précieux lorsqu'elle rencontrera le peuple seedrians. Surtout que de ce que j'avais compris, mon apparence, la raison de ma visite, ne seront peut-être pas les bienvenue, à voir la réaction de Rosalia avec mes armes, ou juste avec mes hommes. La petali me l'avait dit, elle est différente des siens. Sa réactions ouverte avec moi avait sans doute de bonne chance d'être à l'opposé de la réaction des autres de son espèce. Lorsqu'on se sent seul parmi les siens, que ce soit l'apparence, ou les idéaux les responsables, on tente souvent de se trouver une nouvelle accroche, que ce soit passager, ou pas... Les fédérations ont bien rempli ce rôle pour moi, après que j'aille tué mon propre père pour empêcher un conflit... D'ailleurs, sur le coup, je me demande si les seedrians ont la même mentalité des mobiens à tout mettre leur égo sur leur honneur... J'espère bien que non. Ça serait assez malheureux.

Mais j'écoutais... Mouais... de grands enfants... Et les humains, c'est sans doute encore pire... galère... Quoi que de la part d'hippie millénaire qui ressente sans doute tout ce qui se passe dans le monde, c'est parfaitement compréhensible. Je commence déjà à me faire une scène de comment je devrais agir en arrivant... Enfin, c'était avant que le temps décide de jouer des siennes. La tête me tourne, je ne vois plus rien de clair, et si Rosalia voit le temps avancer de façon fluide et stable, pour moi, il s'agit d'une cacophonie de sons, d'images, et de sensations, qui s'opposent l'uns l'autres. Ma main se pose instinctivement sur un arbre... Est-ce que s'en est un ? J'en suis même pas sûr. Mais mon don de vision d'apprécie réellement pas ce genre de voyage. J'en ai aucune idée du pourquoi, et je dois l'avouer, pour le moment, je m'en fous, mais à un niveau assez élevé. Ce qui ne dura qu'un court instant me sembla être une éternité. Peut-être que c'était plus long pour moi, en fait, je ne sais pas...

Des arbres qui se modifies dans tous les sens, comme le sol, les sons de divers animaux, machines, habitants, et les sensations des douces nuits d'étés, des fraiches journées d'hiver, des journées humides, des périodes plus secs, tout cela, dans un mixeur, avec le mode purée d'activé, pour me servir ce milkshake indigeste en quelques secondes. Par tous les dieux, la lumière, ou toutes autres divinités priés sur Mobius, je ne me suis jamais senti aussi mal de toute ma vie, et j'ai connu, très peu, je l'admets, des lendemains de veille peu glorieux.

Rosalia me parlait... ça ressemblait plus à un bourdonnement parmi tant d'autre pour moi, en ce moment. Tout semblait redevenir normal, mais j'avais toujours cette affreuse sensation, la tête qui tourne, et totalement perdue. je faisais dos à Rosalia, toujours la main sur cet arbre. En fait, j'ignore s'il s'agit toujours du même arbre. Je serre les dents, mais sans doutes que j'ai tenté de me relevé trop vite, car je perdis pied, pour finir à genou, et tout se mit à tourner à plus vive allure. Mains sur le sol, je sens mon déjeuner remonter, et sortir pour finir sur l'herbe. Sur le coup, je me sentais assez misérable, alors que je toussais, tentant de reprendre mon souffle. Recouverte de sueur froide, je tentais une fois de plus de me relever.


" Ça... ça va... " Je serre les dents une fois de plus, sentant ce qui pouvait rester dans mon estomac remonter. " Je... laisses moi juste une minute... pour reprendre mes esprits... et... ça ira mieux. "

Je passe ma main sur mon visage... Je la sens trembler... et merde, je fais assez pâle figure, sur le coup... Pas bon pour mon image. Je m'avance un peu, pour me placer proche de Rosalia, titubant vers elle, plutôt, pour pratiquement m'écrouler, au lieu de m'assoir, proche d'elle. Que je me sentais mal...


" Les... voyages dans le temps... ne sont pas fait pour moi, petite fleur... et l'idée d'un retour me soulève déjà l'estomac. " Je repasse ma main sur mon visage, pour ensuite me retourner vers la petali et sourire, timidement. " Mais je vais faire mon possible pour m'y habituer. "

Je me relève, péniblement. J'ai encore l'impression que le sol tourne sur lui même, mais je n'apprécie pas de rester dans cette position devant la petali.

"  On se remet en route, juste... marcher plus lentement pour les prochaines minutes.. Allez, je t'écoutes à nouveau. "
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Rosolia
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« Répondre #14 le: Août 02, 2010, 11:10:42 am »

  Les yeux écarquillés par la surprise, Rosolia s'était interrompue en voyant la réaction de Maiev. Elle ne savait comment réagir, ne comprenant même pas ce qui se passait. Etait-elle malade ? Les mobiens ne supportaient-ils pas les voyages temporels ? Mais le hérisson...
  Puis elle comprit. Son pouvoir. Elle avait une sensibilité temporelle exacerbée, et dans un lieu où le temps était aussi instable, c'était l'équivalent d'être sur bateau en pleine tempête pour quelqu'un qui a l'équilibre sensible. Inconsciemment, elle se mordit les lèvres, comprenant que le voyage risquait d'être terrible pour Maiev. Ils auraient à faire au moins un voyage de plus pour revenir dans le présent...

  La Seedrian tendit sa main pour aider Maiev à se relever. Elle n'avait pas l'air bien, mais elle voulait continuer... Etait-ce là l'orgueil dont on affublait les mobiens dans les récits ? Si ce qu'elle savait de ce peuple était juste, alors elle se sentirait peut-être mal de montrer des faiblesses devant une étrangère, d'autant qu'elle était censée représenter les Fédérations-Unies et donc faire bonne impression. Ne sachant comment agir vis-à-vis de ce tempérament et des besoins de l'ego de sa compagne, Rosolia murmura simplement une parole d'encouragement avant de partir en avant, laissant l'autre un peu en arrière pour ne pas la scruter du regard alors qu'elle allait mal. Elle reprit la parole, mais son débit était plus nerveux, comme si elle débitait des mots dans le seul but de maintenir une conversation.


  « Il faut qu'on retrouve un Time Post pour revenir dans le présent. Désolé d'avance. Si il y a eu une vague temporelle, c'est probablement que le Time Post de cette zone a été détruit, peut-être par une tempête ou un incident naturel... »
  Elle s'arrêta soudain, réfléchissant, cherchant de toute évidence à se repérer. Elles étaient toujours dans cette forêt clairsemée, et une assez large rivière coulait doucement sur leur droite, au bord de laquelle poussaient d'étranges buisson d'immenses feuilles plates.

  « Le plus proche est vers l'Est. Le mieux est encore d'emprunter la rivière. Suis-moi... »
  Elle s'approcha d'un buisson et fit glisser sa main sur une feuille longue et épaisse, qui dépassait Rosolia et Maiev en taille. Satisfaite, elle se pencha pour en saisir la tige. Il lui suffit de tirer dessus avec un peu de force, et toute la feuille se détacha, la laissant avec ce qui ressemblait à un une énorme feuille de laurier entre les bras. Elle sourit à Maiev en trainant l'imposant objet vers la rive.
  « La plupart des Seedrians préfèrent le présent ou le passé, mais cette zone temporelle est vraiment ma préférée. La technologie en symbiose avec la nature... C'est comme si tout était là pour nous aider. Pour quelqu'un qui ne contrôle pas les plantes comme moi, c'est inestimable. »

  Une fois sur la berge, elle déposa la feuille sur l'eau, et se plaça dessus. Le végétal se plia légèremet sous son poids, mais ne se renversa pas... A présent, on eut vraiment dit une barque.

  « N'aie pas peur, c'est parfaitement sûr. On peut mettre trois Thorndrigans sur une feuille assez large. »
  En attendant qu'elle grimpe, elle plaçait sa main dans le flot du courant. L'eau était extrêmement clair, tellement que c'en était presque anormal. On aurait pu penser que c'était lié à l'absence de pollution de Little Planet, mais les rivières naturelles qui coulait dans le Palmtree Panic du présent n'étaient pas aussi claire... C'étaient les végétaux eux-mêmes qui filtraient l'eau jusqu'à la rendre aussi pure à son débouché qu'à sa source, et les réseaux de canalisation utilisaient les impuretés pour nourrir les plantes.
  Bientôt Rosolia poussa la feuille de la rive, et l'embarcation improvisée prit doucement le courant. Il n'y avait en vue ni rapides ni chute d'eau, et tout annonçait un beau voyage, quoique peut-être un peu long. Rosolia ne le disait pas, mais elle s'inquiétait un peu pour Maiev, et préférait lui épargner un voyage à pied, ne pensant pas que cette dernière était membre des Forces Spéciales et en avait vu bien d'autre.


  « Le prochain Time Post devrait être à une demi-heure de route. Une fois là, on pourra revenir dans le présent et faire demi-tour vers le village. Il se peut que les autres Seedrians ne nous voient pas venir, ça peut rendre la conversation un peu tendue... Mais ne t'en fais pas, j'ai tout le temps de te brieffer. »

  Elle prit une longue inspiration – ce qui aurait été étrange pour quiconque connaîtrait bien le Seedrians : elle n'avait pas de narines et respirait par la peau... C'était un tic, acquis à force de se nourrir de mammifères. Puis, appréciant le paysage, elle s'étendit contre la tige, laissant sa main dans le courant.


  « J'espère que je ne te fais pas peur. Je te donne beaucoup d'avertissements, mais c'est parce que je veux que ça se passe bien. Les Seedrians sont gentils, en fait. Juste un peu farouches. »

  Elle sourit en regardant celle qu'elle voyait un peu comme une nouvelle compagne de jeu.

 
  « Que dirais-tu de prendre un peu la parole ? J'aimerais en savoir un peu plus sur toi. »
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