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Auteur Sujet: Le robot qui riait. [Libre]  (Lu 972 fois)
Timothée
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Le semeur de joie


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« Répondre #15 le: Janvier 14, 2010, 07:29:23 pm »

Il l’avait entendu sans le voir. De sa seule voix, le héros de Mobius mit en déroute la terreur du souriceau. A présent, celui-ci, hagard , fixait les serfs improvisé. La solution était aussi évidente qu’improbable. Il faudrait être fou pour tenter quelque chose comme ça. D’un autre côté, il serait si triste de ne pas tenter. La vie valait bien un peu de folie.

-On se retrouve à l’arrivée… murmura Timothée, pensif.

Puis il revint soudainement au moment présent. Il vit la peur dans le regard des filles. Ii vit la lave toute proche. Plus le temps de se poser des questions, il fallait se presser, il fallait suivre l’invisible guide. C’était maintenant ou jamais.


-Venez, aidez-moi ! On va les mettre dehors ! lança avec conviction le Petit Mage.

Il s’avança, se panacha et saisit l’une des planches d’acier.


-Allez, venez ! Faut le suivre ! reprit-il.

On le regardait mais on ne l’imitait pas. Les filles étaient comme hébétées par la tournure des événements. Alors le Mobien se redressa, les mains sur les hanches, et se fâcha.


-Hé, ho ! Qu’est-ce que vous attendez ? On va rater la vague ! Faut se bouger les filles !

Une telle assurance… l’enfant ne se reconnu pas. A ses yeux le risque n’était plus. Il voulait essayer, il voulait suivre Sonic et surtout, il voulait sauver tout le monde et ce à tout prix. Les demoiselles se mirent alors à l’œuvre, dociles. C’était étrange. Timothée avait endossé le rôle qui lui ressemblait le moins : celui de meneur. A présent, c’était sa voix qui donnait du courage.

-Allez, ça va être amusant ! On va s’éclater !

Les surfs furent sortis à l’extérieur. La chaleur était suffocante et le grondement de l’éruption  assourdissant. Quelques vigoureuses secousses mirent à mal l’équilibre des jeunes gens. Combien de temps leur restait-il ? Trois plaques se retrouvèrent côte à côte devant l’abri.

-Allez, on se répartit ! Quatre par surf ! Moi je monte sur celui-là. Un, deux, trois, hop, on est complet ! Un, deux, trois, quatre, cinq… hé, y’en a une de trop sur celui-là ! Toi, oui toi, tu passe sur l’autre. Parfait. Tout le monde est là ? Parfait ! Alors…

Nouvelle secousse…
Grondement démentiel…
L’abri n’existait plus. Le fleuve de feu l’avait atteint et en un rien de temps l’avait fait disparaitre. La fournaise avait noyé toute la vallée. Il avait fallut des dizaines d’années pour que la végétation s’épanouisse ici et à peine quelque minutes pour que tout soit balayé. Tout ça pour piéger quelqu’un qui n’était jamais venu.

Mais le souriceau n’y pensait pas. Il riait juste et les filles aussi. Cueillis puis emportés par le magma, les surfs et leurs occupants étaient embarqués pour un voyage sans égal. Sur les visages, plus que de la joie. Personne n’y croyait vraiment mais personne ne se souciait plus de rien. Les voilà partit sur les traces du héros imaginaire. Marcher dans les pas de Sonic rendit Timothée euphorique.


-C’est trop fort ! pensa-t-il tout haut.

En cet instant, il se croyait capable de tout. Même s’il ne l’avait pas remarqué, c’était justement pour cela qu’il était encore de ce monde. Les surfs d’acier étaient curieusement indifférant à la chaleur de la lave. Difficile de le distinguer mais derrière eux se trouvait un panache d’or. Difficile de le constater mais leur trajectoire était dictée par la pensée du Mobien. Celui-ci, par sa magie, rendait possible l’impossible. Ils surfaient tous sur le fleuve de lave, eux qui n’avaient rien de sportifs talentueux. Oui, c’était un rêve dans la réalité ! C’était peut-être aussi le cauchemar d’Acharbot...


-Alors les filles, on s’éclate ! Je vous l’avais dit que ce serait géant !

* Sonic, j’arrive ! *
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« Répondre #16 le: Janvier 15, 2010, 02:15:07 am »

Ce serait amusant si la machine pouvait s'amuser. Ce serait désolant si elle pouvait se désoler. Ce serait à hurler de rage s'il se passait quelque chose mais Acharbot ne voyait rien. Aveuglé par la réussite de son plan il en avait déjà oublié l'existence, la routine reprenait et le robot spectateur découvrait ce torrent de lave pour la première fois. Il l'observait comme un phénomène extérieur, inconnu encore, et il essayait d'en comprendre la logique. Il n'y avait pas de logique. Un détail un seul, dans les paquets de lave bouillonnants, dans les volutes de fumées toxiques qui rongeaient les crêtes, dans la nature en flammes, un détail dans les fuyards sur leurs surfs d'acier, un détail dans le panache d'or qu'ils dégageaient, un détail parmi tout cela, retint son intention.
Le robot qui riait n'était plus qu'un angle en train de disparaître, qui lança un dernier rire.
"Ah ah ah ah..." Il découvrit cette machine anéantie sans la reconnaître et ses pattes, jusqu'alors laissées à l'abandon, se mirent à tricoter. Il se chatouillait le corps devant l'anéantissement de la vallée, sans songer qu'un mois ou moins suffirait, à Hill Top, pour que la lave se couvre de fleurs et les fleurs de lave, dans ce cycle fou qui constituait la folie de Mobius, qu'il était le seul à connaître, qu'il ne connaissait pas.
Il ne savait pas que le souriceau avait ce pouvoir de rendre le possible possible. Les surfs ramassaient les vagues, les fendaient, passaient au-dessus de la tourmente et dans les embruns brûlants disparaissaient au bout de la vallée. Aucun écueil mais le fracas des roches en train de s'effondrer, il sembla un temps qu'ils ne passeraient pas, sembla seulement. Arrivée à bout de forces l'éruption laissa s'échapper une dernière fois sa masse, les coulées se dispersèrent en bout de val, entraînées par la pentes elles laissèrent sauves les forêts proches pour les chutes de pierres. Le courant les jeta sur ce faux rivage où d'une manière moins glorieuse mais sauve les filles le souriceau s'échouèrent.


"M- m- mai- mais c'est pas du jeu !" Lança Acharbot aux quelques pawns muets qui l'entouraient. "Ces plaques de métal n'avaient pas le droit de se lester d'hybrides pour améliorer leur balance ! Stop, arrêtez tout, refaites la course ! Remboursez !"

Là-bas, à l'écart du torrent de lave qui déjà se tarissait, qui noircissait à vue d'oeil, les rescapés se relevaient tant bien que mal de leur chute. Autour d'eux les arbres, à l'orée, les braises tombaient dans l'herbe mais celle-ci trop fraîche ne prenait pas et les braises mouraient en vain d'essayer. Aux pieds des arbres toute la faune d'animaux sauvages s'était réunie pour regarder la vallée qu'ils occupaient autrefois, entièrement engloutie, et devoir au rire mécanique de ne pas se trouver dans la fournaise. Et ils fêtaient ceux qui en étaient sortis.
Ce fut un ballet de lapins, de merles de faons de chiens sauvages d'ours de boucs qui leur tournaient autour dans des cris de joie autant que pouvaient en lancer ces animaux. Ils paraissaient intelligents, à agir comme cela, ils paraissaient comprendre quelle victoire venait d'être remportée, ou bien seulement l'allégresse, l'atmosphère pleine d'espoir qui en était née provoquait en eux cette réaction. En attendant les filles adoraient ça.
Mais de Sonic, nulle trace, pas même un courant d'air. Ils étaient seuls et les plaques de métal, maintenant qu'ils les avaient quittées, bouillonnaient, crevaient, éclataient comme des cloques et se désagrégeaient rongées par la chaleur. Il ne restait plus de trace du voeu que Timothée avait fait. La réalité, comme toujours, le rattrapait. Quelque chose bougea dans les feuillages, il aurait pu croire que le hérisson allait en sortir, faux espoir : c'était une télévision rescapée qui errait, qui se tourna vers lui, s'approcha. Sur l'écran, Acharbot parlait à qui voulait l'entendre.


"Je ne vous ai pas autorisé à gagner ! Non non non et non retournez sous la lave bande de tricheurs ! Je sais ! On va la rejouer ! Un de ces jours, bientôt, moi, le grand Acharbot, le maître architecte, le génie des arts et l'humble serviteur du superarissiblimissiajestuultrarismatique Eggman ! Je reviendrai, oui, je reviendrai, et je vous ferai payer cet affront..."

La télévision s'éloignait, emportant avec elle les plans du robot pour une seconde course plus équitable et son cours de sismologie. La télévision se perdit dans les arbres.
Cependant une des filles qui s'était éloignée revenait au pas de course accompagnée par une foule d'animaux. Elle criait au loup mais sans nouvelle grave à apporter, seulement une heureuse découverte. Leur minibus, celui de leur colonie de vacances, se trouvait là à l'écart prêt à les remporter dans leurs foyers. Elles en avaient presque oublié Timothée tant l'enchaînement des coïncidences leur souriait.
La responsable trouva seulement le temps de le remercier comme il se devait. Cela fait déjà armées de leurs portables, préoccupées par les vraies questions existentielles de la mode féminine et des groupes de chanteurs à succès, elles montèrent dans le minibus. La portière se ferma, un dernier geste de la main, elles démarraient.

Rirait bien qui rirait le dernier.
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Timothée
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Le semeur de joie


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« Répondre #17 le: Janvier 15, 2010, 08:52:31 pm »

-Whaou… quelle gamelle ! Pas de casse ? Tout le monde va bien ?

Légèrement sonné, Timothée se remit sur pieds. La conclusion de ce bref et fabuleux voyage n’avait pas été grandiose mais au moins, tout le monde s’en sortait indemne. D’un regard, le souriceau s’assura que c’était bien le cas. Oui, il avait réussi ce qu’une heure plus tôt il aurait amèrement considéré comme un souhait inaccessible. Une douzaine de vies, il avait sauvé une douzaine de vies, ce n’était pas rien ! Le voilà héroïque ! Le Mobien, comme perdu, se retourna. La chute de feu s’offrait à lui. Bientôt, elle ne serait plus mais à cet instant, elle n’avait rien perdu de sa splendeur. Il se dit que s’était quand même beau. Dommage que ce spectacle de la nature soit si destructeur.

* Je l’ai fais ! * songea-t-il.

Cette pensée sonnait presque comme une interrogation. Déjà, c’était du passé. Ce passé ne tarderait pas à s’éloigné, à s’embrumer de doute. Ce n’était qu’une affaire de minutes. En attendant, le Petit Mage se mit à rire, sans trop savoir pourquoi.


-J’l’ai fais, reprit-il tout bas.

Puis il se détourna de la lave. Autour de lui et des filles, bon nombre de joyeux animaux étaient, semblait-il, venu les féliciter pour leur exploit. Timothée ne s’en étonna pas. Comment aurait-il put encore s’étonner ? Il se sentait léger. La réalité peinait à le saisir. Comme pour l’illustrer, il se mit à chercher quelqu’un des yeux, quelqu’un qu’il ne pourrait pas trouver. Il savait au fond de lui que jamais il n’avait rencontré le hérisson bleu. Mais c’était si beau de rêver.


* La prochaine fois, peut-être. *

-Hein, qu’est-ce que ?

Un robot venait de sortir des feuillages. Rien à craindre, ce n’était qu’une télé volante. Par celle-ci lui parvint les répliques d’Acharbot, le perdant dans cette histoire. L’enfant ne put s’empêcher de lui répondre comme tous bons héros se devaient de le faire. Pour cela, il s’approcha, fit une grimasse comique et chanta :

-Nanananaire ! Perdu c’est perdu ! Faut pas être mauvais joueur ! Ha, ha, ha !

Ouais, ça c’était du discours ! En tout cas, le rire qui s’en suivit montra à ce robot tout buggé ce qu’était un véritable rire. La prochaine fois, il ferrait bien d’en prendre de la graine ! La télévision s’en alla et peu de temps plus tard, ce fut aux demoiselles d’en faire autant. Par le plus grand des hasards, l’une d’elles avait retrouvé le bus. Que demander de plus ? L’heure était donc aux adieux.

-En revoir ! Enchanté d’avoir put vous aider ! fit le Petit Mage, la main levé, alors que le véhicule s’éloignait.

Le voilà seul en compagnie de quelques animaux. Il soupira et s’assit sur une pierre. Qu’allait-il faire maintenant ? Sa mission était terminée. Il n’était pas prêt d’oublier cette journée même s’il allait vite la considérer comme l’un de ses périples onirique. Sa fatigue, qui pendant toutes ses minutes avait été forcé de se taire, redevint présente. Le souriceau s’égara dans ses réflexions. Le voilà somnolant. Face à lui, le magma perdait petit à petit sa luminosité. Lui aussi s’était refroidit. Il se surprit même à frissonner. Après avoir tant sué, ses habits étaient humides. L’air lui paraissait frais, presque froid. Alors il se releva et se dit qu’un peu de marche le réchaufferait. Et puis, il devait y aller de toute façon. Le soleil commençait à décliner. Il fit un pas et sursauta. A ses pieds se trouvait sa gourde. Il l’a prit et l’observa. Comment diable était-elle arrivée là ? Comme si la réponse se trouvait autour de lui, le gamin observa les environs. Ce fut la pierre qui venait juste de lui servir de siège qui attira son attention.


* Tout a commencé quand je me suis assis pour boire…  *

Impossible ! Alors il avait tout imaginé ? Timothée se gratta la tête, perplexe. La lave était bien là, elle. Ho et puis zut, trêve de réflexion. Il mit la gourde en bandoulière et s’éloigna d’un pas radie tout en sifflotant un air entrainant. A son tour, il disparut…
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