Acharbot
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I'm a watchman ... ehr bot !
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« le: Janvier 16, 2010, 10:13:51 pm » |
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Carnival Night, pointe sud de Night Babylon en plein territoire des Fédérations, Carnival Night la ville festive par excellence, les étoiles y étaient des ballons dans le ciel lâchés par grappes, la nuit plus vivante que le jour les gens encombraient les rues jusqu'à l'épuisement, le coma éthylique devenu norme sociale une frénésie de dépense et de divertissement saisissait tout un chacun. Une avenue de cette ville comptait seize pistes, huit dans chaque direction séparées seulement par un court muret et les lampadaires - véritables torches électriques. Dans cette avenue gigantesque, où il aurait été possible de bâtir un immeuble, la circulation n'existait pratiquement pas. La foule couvrait les trottoirs, les passages pour piétons, les passages suspendus, les souterrains, les routes et chevauchaient le muret allègrement. La musique y était omniprésente. Pourtant quelques conducteurs obligés, égarés ou courageux tentaient leurs chances et leurs véhicules faisant des appels de phares, abusant du klaxon, participaient à cette atmosphère électrique, totalement hors de contrôle. À cette heure tardive l'alcool coulait à flot les drogues ne pouvaient plus causer de mal - mensonge - et les gens retournant à leurs instincts s'oubliaient quelque peu, les voitures, les bus des fêtards, les autos pleines d'ivrognes ne suivaient plus aucun code, l'avenue était un gigantesque chaos.
En peu de mots un convoi allait s'engager dans cette avenue de Carnival Night, un convoi peu engageant.
Ils sortaient des collines proches, au contraste des lumières urbaines les véhicules surgissaient de l'ombre, un noir d'encre. Leurs phares percèrent d'abord et des yeux d'hydre tranchèrent sur la route, ensuite un à un dans la brume de cette nuit avancée qui existait dans ces faibles hauteurs chaque camion se détacha tout à fait, puis s'engageant dans les faubourgs, lentement, roulaient vers le centre de la ville même. Six camions se suivant l'un l'autre à cinquante mètres exactement, cinquante mètres au millimètre dans une coordination exemplaire et rien, rien de ce qui pouvait se passer sur la route ne les concernait. Ils ne freinaient pas sinon pour un virage, ne considéraient pas les passants. La périphérie leur était invisible, ils s'imposaient de tout le bruit dont étaient capables leurs moteurs un à un de leur allure égale, les véhicules qu'ils rencontraient étaient obligés à de grands écarts. Mais déjà l'avenue était là, le trajet n'avait pas été bien long. Les six camions débouchèrent à proximité, ils allaient s'y engager, leurs bennes de vingt tonnes produisaient un véritable vacarme dans les ruelles. Des semi-remorques, évidemment, et de couleurs rouge et noir. Ils eurent ce réflexe étrange, soudain, de freiner, et forçant le passage, obligèrent la foule à se fendre. Mais contrairement aux conducteurs excités qui luttaient dans l'avenue eux n'utilisaient pas leurs klaxons. Au lieu de cela ils s'imposaient par leur masse, menaçant d'écraser les plus lents à s'écarter, et malgré leur vitesse toujours plus lente, ils progressaient. Ils progressaient tant bien que mal, toujours allaient plus lentement, les moteurs grognaient, enfin la foule se fit trop dense. Il fallut s'arrêter. Six camions sans plaque d'immatriculation en plein milieu de Carnival Night.
Derrière eux un conducteur déjà échauffé, qui avait tout perdu aux casinos, ne rêvant plus que de rentrer se retrouvait bloqué par ces camions. Il avait cru pouvoir avancer derrière, puisqu'ils avançaient. Il avait dû ralentir, comme eux, il s'était collé à l'arrière du dernier véhicule, il avait dû s'arrêter de même, son pare-choc ayant touché l'arrière du camion. Alors hors de lui il s'était mis à klaxonner de plus belle, à hurler et à menacer tout le monde. Ensuite l'alcool se calmant lui rendit ses muscles et un peu de bon sens, juste assez pour trouver la pire réaction. Il attrapa le premier objet contondant à sa portée, n'eut qu'une des nombreuses bouteilles vides sur le siège du passager, essaya de la casser sans y parvenir. Le conducteur sortit avec sa bouteille vide, se fraya un passage jusqu'au camion immobilisé devant lui, il le longea jusqu'à atteindre la cabine. Là il se mit à gueuler en tapant contre la portière que le feu était vert et qu'il fallait apprendre à conduire. Ses injures n'obtinrent aucune réaction, ce qui ne pouvait que le sortir de ses gonds. Il ne répondit plus de rien, attrapa la poignée, ouvrit la portière prêt à assommer l'imbécile qui lui avait fait perdre tout son temps. Il n'en fit rien. La bouteille lui tomba des mains. Un pawn était toujours plus impressionnant dans la réalité qu'à la télévision. Un pawn rouge trop petit pour son siège tenait le volant, tourna sa tête ronde et les deux yeux figés se retrouvèrent à hauteur du conducteur ébréché. Ce dernier se frotta les yeux. Persuadé de rêver il n'en accomplit pas moins sa tâche, frappa avec le poing sans la bouteille et rencontra le corps de métal, avec souffrance. Le pawn se contenta de refermer la portière, un léger cahot dans la foule permit au camion d'avancer de presque un mètre vingt, le conducteur se frottant encore les yeux comprit qu'il n'avait pas totalement perdu la raison. Il venait bien de voir un pawn, un robot de l'Eggman Army, un camion, un convoi de l'Eggman Army au beau milieu de Carnival Night, dans des camions civils de vingt tonnes, bloqués par toute la foule. Le conducteur fit la chose la plus rationnelle que lui permettait son état : il se mit à courir dans tous les sens en hurlant à l'ennemi aux badniks à l'invasion. Tout le monde était trop déchiré pour l'entendre.
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